Commentaire de Gestion Septembre 2016

COMMENTAIRE MENSUEL SEPTEMBRE 2016

 

Le mois de septembre clos un trimestre d’accalmie sur les marchés financiers après un mois de juin marqué par une envolée du stress provoqué par le référendum britannique. Cette accalmie ne doit pas masquer les risques actuels, en particulier politiques.

La croissance mondiale n’accélère pas, mais ne fléchit pas non plus, et les craintes de l’été dernier sur la Chine semblent s’éloigner les politiques monétaires vont rester accommodantes : baisse des taux au Royaume-Uni, poursuite du QE en zone Euro et au Japon, tandis que la FED retarde le retour à la normalisation de sa politique.

Au risque de se répéter, nous vivons dans un monde différent, guidé par de nouveaux paradigmes.  Ray Dalio, mon alter ego chez Bridgewater Associates (le plus grand Hedge Fund du monde) mentionne dans son dernier commentaire les points suivants :

1)      Nous ne sommes pas dans un cycle normal et nous sommes probablement dans un environnement de croissance anormalement lente (les gains de productivité sont désormais marginaux).

2)      Les outils actuels de la politique monétaire seront beaucoup moins efficaces ces prochains temps. Les risques du marché obligataire (mais également celui des actions dont les fondamentaux sont biaisés) sont asymétriques et les retours sur investissement seront très faibles à l’avenir.

3)      L’impatience monte avec la stagnation économique, en particulier parmi les salariés à bas revenu, ce qui conduit à une hausse du populisme et nationalisme.

En conclusion, la japonisation de l’Europe se poursuit, les Etats-Unis semblent mieux armés ces prochains temps au niveau de la relance économique. Toutefois, l’effet démographique, les montagnes de dette et la faible épargne d’une certaine classe de la population pèse sur une quelconque reprise économique durable.

 

ALLOCATION TACTIQUE

Le marché fait du yo-yo depuis quelques semaines et nos indicateurs ne bronchent pas. Ils restent plutôt orientés sur la prudence. L’effet « Deutsche Bank » a privé le marché d’une hausse pour déclencher un signal de vente, alors que d’un autre côté aucune baisse marquée sur les indices n’a provoqué de la panique. « Boring markets » c’est le motus operandi depuis le Brexit.

Que fait-on avec les incertitudes planant sur les marchés financiers ? Les élections américaines sont à moins de quatre semaines et la saison de bénéfices commence ces jours. David Kostin, le stratège de Goldman Sachs que je connais depuis des années, émet certains signaux de prudence. Pour une fois, je vais croire Goldman Sachs !

La probabilité d’une hausse de taux en décembre reste toujours d’actualité. Le dollar, indépendamment du candidat qui gagne la Maison-Blanche devrait être poussé à la hausse. Le pauvre investisseur suisse qui veut couvrir son dollar paie 2% par an de différentiel d’intérêt, il ne faut pas l’oublier.