Commentaire de Gestion Mars 2017

COMMENTAIRE MENSUEL MARS 2017

Les marchés d’actions sont restés globalement bien orientés en mars, avec une certaine ferveur au sein de l’Europe périphérique. Les actions américaines, comme le dollar, ont pâti des interrogations des investisseurs quant à la capacité de Donald Trump à délivrer le plan de relance promis lors de la campagne électorale, suite à l’échec de la réforme d’Obamacare. Le ratio P/E ajusté du cycle depuis 120 ans nous montre que même si l’on reste loin des niveaux de la bulle internet, la valorisation reste assez clairement défavorable aux actions américaines.

Tant que le processus de normalisation des taux n’est pas engagé (nous estimons que celui-ci va prendre plus de temps que ce que le consensus anticipe), nous maintenons une sous-pondération mais restons favorable au dollar car des signes positifs sont clairement à trouver au sein du chiffre de la participation à l’emploi : la proportion d'Américains en âge de travailler qui occupent effectivement un emploi ou tout au moins en recherchent un est restée au plus haut de 11 mois de 63% en mars tout comme le mois précédent.

Les actions européennes retrouvent de l’attrait car la reprise économique est désormais beaucoup mieux synchronisée au niveau mondial. D’autre part, les entreprises européennes sont plus cycliques (dans le bon et le mauvais sens du terme) et plus exportatrices que leurs homologues américaines, elles profitent bien mieux de cet environnement à ce stade du cycle. Les opérations de fusions et acquisitions européennes, modestes jusqu’ici, repartent désormais sur un bon rythme au premier trimestre. Depuis 12 mois, les flux ont été très vendeurs sur les actions européennes, le Brexit ayant poussé les investisseurs à se tenir à l’écart du risque politique. Il est fort probable que l’élection française se traduise par la victoire d’un candidat « anti-Frexit » et on assistera à un repositionnement significatif sur la classe d’actifs étant donné que l’horizon politique européen sera soudainement dégagé au moins pour quelques mois (en attendant les élections allemandes).

Le mois d’avril va être concentré sur la France, où la victoire d’un candidat promettant un référendum sur la sortie de l’euro se traduirait par un recul très marqué des actions européennes. Toutefois, un retour au Franc serait loin d’être une certitude après cette victoire hypothétique. La réaction finalement positive des marchés en 2016 suite au vote sur le Brexit et à l’élection de Donald Trump peut conduire à se demander si, après tout, les marchés ne réagiraient pas de la même façon si un candidat également populiste venait à l’emporter..

 ALLOCATION TACTIQUE

 L’appétit pour le risque reste très élevé et témoigne d’une plus grande vulnérabilité des marchés en cas de mauvaises nouvelles (la saison de résultats du premier trimestre démarre aujourd’hui !). Nous avions le mois dernier réduit un peu nos expositions aux marchés d’actions en achetant de la protection et maintenons un profil de risque plus équilibré dans nos portefeuilles. Des opportunités issues du contexte politique sont toutefois à considérer comme un pari sur l’indice des actions russes (alors que ce marché dans sa valorisation à long terme est plutôt sous-évalué par rapport à son historique) ou certains métaux industriels comme le nickel nous apparaissent comme relativement avantageux et certainement des bénéficiaires en cas de hausse des anticipations d’inflation.