Commentaire de Gestion Juillet 2016

Les marchés ont fortement rebondi en juillet (+ 4 %), repoussant l’indice MSCI World en territoire positif pour l’année. L’histoire se répète avec les banques centrales du G7 qui ont maintenu leur compromis de réduire toute attente potentielle d’anticipation d’inflation future et de poursuivre les réformes dans leurs économies respectives. Aux Etats-Unis, les responsables de la Fed ont noté dans leur séance du 27 juillet que l’inflation « devrait rester faible à court terme » alors que la Banque du Japon (BoJ) a mis en œuvre dans sa réunion des 28 et 29 juillet une injection de JPY 2.7Trl supplémentaire. Après la réunion de la BoJ, le premier ministre Mr. Abe a annoncé que son gouvernement offrira un programme de relance économique d’une valeur de plus de JPY 28Trl (~ 6 % du PIB du pays !), afin d’exercer des pressions sur la Banque du Japon et son programme d’assouplissement. Le G7 reste donc fermement ancré sur le territoire de la politique de taux d’intérêt négatifs (NIRP en anglais).

Ce qui est curieux sur les marchés, c’est le changement de certaines corrélations et donc des comportements relatifs entre actifs. Par exemple, le pétrole brut a baissé considérablement au cours des 6 dernières semaines, alors que les actions ont très bien performé.  Le Dollar US a récemment été tiré vers le bas suite à des publications décevantes et a perdu sa corrélation positive avec les actifs dits « risk on ». Le modèle d’évolution suggère que nous pourrions avoir un effet de rattrapage ou un ralentissement dans les cartes.

Dans les actions, les « nouveaux acheteurs » sont toujours bien là : la Banque nationale suisse a annoncé qu’elle détenait à 61 milliards d’actions américaines (7625 USD par habitant en Suisse !) et la tendance ne devrait pas diminuer. 

La « smart money » devient prudent aux États-Unis alors que l’argent « retail » (soit les petits investisseurs) est très actif en investissant massivement dans des fonds indiciels. Nous pourrions être à un point d’inflexion intéressant sur les marchés.

ALLOCATION TACTIQUE 

Nous maintenons une exposition prudente en ce moment. Nous avons acheté un peu de volatilité (alors que nous en avions vendu durant les journées du « Brexit ») Nous voyons encore beaucoup de faiblesse dans l’économie réelle et la saison de publication des bénéfices des sociétés ne peut être considérée comme assez forte pour propulser les marchés vers de nouveaux sommets.

Dans l’ensemble, nous sommes assez satisfaits de notre allocation d’actifs. Notre grand gagnant cette année est clairement la dette des pays émergents. Nous avons été exposés à cette classe d’actifs au cours des 18 derniers mois. Alors que nous étions entrés un peu trop tôt il s’agit d’un très bon contributeur sur la période. Comme il y a un regain de popularité autour de cette classe d’actifs, devrions-nous réduire l’exposition ? La dette des pays émergents est en train d’attirer beaucoup d’argent en ce moment (bien sûr, c’est une des raisons de la bonne performance), mais il y a encore un rendement de 7,5%, donc par rapport à 0% sur les marchés développés, la prime de risque est toujours attractive. Nous préférons protéger ces positions avec un pari sur la volatilité.