Commentaire de Gestion Janvier 2017

COMMENTAIRE MENSUEL JANVIER 2017

La vague d’optimisme menée par l’investiture du président Trump commence à avoir quelques fissures. Aujourd’hui c’est l’arbre qui cache la forêt : pas moins de 70% des sociétés américaines ont publiés des bons résultats trimestriels mais le marché, bien qu’en légère hausse en prenant les indices principaux, est en fait en phase distributive (dans le jargon financier, il s’agit d’un marché qui s’essouffle et dont la majorité des titres ne monte plus). Apple par exemple a publié de très bons chiffres et sans la contribution de cette méga-société, l’indice phare américain serait à la baisse.

Que doit-on retirer de tout cela ? L’incertitude politique est à son comble, les valorisations à un niveau assez élevé et le mois de janvier a vu le néo-promu de la scène politique mondiale arcboutant l’Obamacare, renégociant l’accord de libre-échange nord-américain (ALENA) sous peine de se retirer complètement, signant le décret interdisant le financement par des fonds fédéraux d’ONG soutenant l’avortement ainsi que l’acte de retrait des Etats-Unis du traité de libre-échange Trans pacifique (TPP), relançant des projets d’oléoducs Keystone XL et Dakota qu’Obama avait suspendus au lendemain de la COP21, ou encore signant el décret limitant l’immigration et lançant la construction du mur le long de la frontière mexicaine. Tout cela dans un marathon politique qui créée un malaise dans la population américaine.

En Europe, le graphique du mois (source : Allianz) montre les écueils sur lesquels on peut venir s’échouer prochainement, en particulier trois élections à venir esquissent un paysage incertain : Geert Wilders est en tête des sondages pour les prochaines législatives néerlandaises, la présidentielle française est plus ouverte que jamais, et la démission surprise de Sigmar Gabriel de la présidence du SPD au profit de Martin Schulz fragilise une Angela Merkel qui semblait encore imbattable il y a quelques semaines.

Dans les thèmes que nous mettons en place depuis le début de l’année figure le thème de l’uranium. L’accès à l’énergie est une des quêtes de l’humanité depuis longtemps et parmi les sources les plus décriées mais les plus abordables figure l’énergie atomique. Le secteur a perdu plus de 80% depuis quelques années en raison du démantèlement de certaines centrales en Europe. Toutefois, la capacité mondiale n’a pas vraiment baissé et les marchés émergents sont toujours en train d’ajouter de la capacité, souvent préférant cette source à celle plus polluante produite par le charbon. L’idée sous-jacente provient également du fait que l’offre et la demande sont actuellement en équilibre mais que la baisse des prix a rendu l’offre future beaucoup plus faible. Les contrats d’achat étant fixes sur de nombreuses années (de cinq à dix ans) il est possible que le prix de l’uranium double dans les prochaines années, ce qui est toutefois très peu problématique pour les acheteurs étant donnée la part faible du prix de la matière première dans le prix final de production. Nous avons donc acheté un ETF dédié à ce secteur.

ALLOCATION TACTIQUE

En ce début de l’année 2017, nous continuons à marcher sur une corde raide. Nous restons plus fortement conscients de la possibilité (à un moment venu) d’un « Black Swan » à savoir un mouvement violent non anticipé et négligé par la communauté financière. Une des raisons possibles serait le pressentiment d’une hausse non anticipée de l’inflation « Core » qui pourrait déclencher le prochain marché baissier. Afin de se protéger, acheter des TIPS (obligation indexée sur l’inflation est une solution).

Nos indicateurs continuent de montrer des signes de faiblesse avec notamment énormément d’anticipation haussière des petits investisseurs Outre-Atlantique.