Commentaire de Gestion Février 2017

COMMENTAIRE MENSUEL FEVRIER 2017

L’incrédulité reste de mise par rapport à la politique du président américain. Alors que le dollar perd un peu de sa superbe avec les « tweets » quotidiens de Mr. Trump, les marchés actions Outre-Atlantique ont continué sur le même rythme avec pas moins de panache.

 Ces derniers nous font penser en quelque sorte aux marchés qui ont mené à la bulle internet. Selon un sondage auprès de professionnels de l’investissement, pas moins de 63% de sondés sont positifs sur l’évolution du marché des actions, un chiffre dernièrement atteint en… 1987, peu avant le fameux crash. Le graphique du mois en page 2 est assez représentatif de l’évolution de l’économie américaine. Il scinde l’histoire récente en trois périodes : la première est celle qu’on appelle « les trente glorieuses » où le dynamisme était de mise et la croissance profitait à tout le monde (création d’emploi et augmentation du pouvoir d’achat). La seconde est appelée « le rêve américain » où l’innovation est galopante mais également aidée par un levier (de la dette). La troisième est appelée « la grande désillusion » où le patient est mis au goutte-à-goutte et ne meurs pas grâce à l’injection de dette. La quatrième période est celle que nous entamons et que nous devrions nommer « Reality bites » (quand la réalité vous rattrape) : les énormes niveaux de dette devront être corrigés car nous avons vécu au-delà de nos moyens. La descente peut être douce et longue ou courte et abrupte ! Aux politiciens de décider. Mais ceci est du long terme.

 A court terme, les Etats-Unis restent en avance sur les autres régions dans le cycle de reprise et les risques d’inflation sont de plus en plus asymétriques, qui devrait inciter la réserve fédérale à la remontée des taux courts plus tôt que prévu initialement. En outre, nous voyons des signes d’un léger ralentissement de la croissance en Asie, alors qu’en Europe la BCE devrait poursuivre sa politique de resserrage modéré. Par conséquent les différentiels de taux d’intérêt et de croissance devraient favoriser le dollar.

 En Asie, la Chine continue de promouvoir les stimuli fiscaux et l’on constate une forte accélération de la production industrielle, liée à la technologie cycle. Le stimulus a eu un impact majeur dans le secteur de l’immobilier, qui ont affiché des augmentations de prix d’environ 30 % par an et fait grimper la demande de produits métallurgiques tels que le minerai de fer. À la marge, cependant, nous voyons des premiers signes d’un ralentissement. Le Secteur de l’immobilier de la Chine souffre déjà de l’effet des restrictions récentes ainsi que la hausse des taux d’intérêt.

 Dans la zone euro, la croissance économique en Allemagne est relativement robuste, mais reste hétérogène dans toute la région et particulièrement faible en Italie. Dans l’ensemble, il y a encore beaucoup de capacités de production inutilisées et en dépit des chiffres récents d’inflation, il faudra longtemps avant que la BCE signale une hausse des taux.

 ALLOCATION TACTIQUE

 La saison de résultats du quatrième trimestre a été plutôt bonne avec presque 70% de surprises positives (contre 54% en moyenne). Nos indicateurs restent prudents et selon notre historique propre une des périodes avec la plus faible réaction de marchés à des signaux négatifs (depuis mi-novembre). Nous trouvons des poches de valeurs dans l’indice des mines d’or, les pétrolières européennes ou encore le secteur de la santé. Nous avons introduit également un nouveau fonds « market neutral » dans notre allocation, remplaçant un fonds systématique du type CTA.