Commentaire de Gestion Février 2016

Commentaire de Gestion Février 2016

Le mois de février a prolongé la tendance du mois de janvier sur fond de volatilité élevée sur les marchés boursiers, liée aux préoccupations des investisseurs au sujet de la croissance mondiale et des prix du pétrole comme vecteurs anxiogènes. L’actuelle surabondance de pétrole pourrait être perçue comme un gain de pouvoir d’achat pour le monde occidental, mais elle met certains pays exportateurs de pétrole en situation difficile. Les fonds souverains (SWF) du Qatar (Émirats Arabes Unis) et la Russie, qui cumulaient plus $ 7 milliards d'actifs lorsque le pétrole se maintenait au-dessus de 100 dollars le baril, sont maintenant contraints de liquider leurs investissements après une chute de plus de 70 % du cours du brut depuis 2014. En outre, les taux d'intérêt négatifs imposés par les banques centrales comme remède à court terme laisseront des traces sur les bilans des banques et sur le marché des obligations.

Nous sommes néanmoins heureux de constater un bon nombre de paris gagnants dans notre allocation d'actifs, où nous avons limité les pertes, notamment grâce aux fonds alternatifs (deux fonds sont en hausse de plus de 5 %) et à l’or.
Les obligations émergentes, sous tension depuis plusieurs mois, ont bien récupéré récemment. Les actions américaines souffrent en revanche d'une réduction des prévisions de bénéfices, en particulier dues à la force du dollar. Nous y maintenons notre sous-pondération en raison d’un ratio Shiller P/E (P/E ajusté du cycle) trop élevé.

Alors que le pétrole peut rester bas pendant longtemps, compte tenu de l'offre excédentaire massive construite au cours de ces dernières années, un prix plus décent serait certainement bénéfique pour tout le monde : cela permettrait d’une part aux producteurs de résorber leur déficit budgétaire (l'Arabie saoudite accuse un déficit de 30 % cette année !) et d’alléger d’autre part les pressions déflationnistes qui pèsent sur le monde occidental.

Cependant, au moment d'écrire ces lignes, à quelques jours des réunions de la Banque Centrale Européenne (BCE) et de la Réserve Fédérale américaine (FED), les marchés seront probablement dans un mode « wait & see ». En Europe, les craintes de déflation sont bien sûr la préoccupation actuelle et les taux d'intérêt négatifs peuvent le devenir encore plus, mais cette spirale risque d’avoir des effets dévastateurs à long terme sur l’épargne et l’économie.

ALLOCATION TACTIQUE

Alors que les marchés sont en hausse de 4 % depuis notre signal d’achat mi-janvier, nous assistons à des signes d'épuisement du rallye actuel. Nos indicateurs sont maintenant dans une position neutre à légèrement négative et nous couperons notre exposition de manière opportuniste au moyen de contrats à terme ou d'options.

Dans l'ensemble, nous conservons notre allocation actuelle, qui privilégie les entreprises de bonne qualité, les obligations à haut rendement (diversifiées sur les pays développés et les pays émergents) et de fonds alternatifs, qui apportent une décorrélation à notre allocation d'actifs traditionnelle.

Actuellement, nous suivons particulièrement le secteur des fusions & acquisitions (M & A). On y observe de nombreuses opérations en cours et les possibilités d’arbitrage présentent des écarts assez importants pour mériter d’y intervenir, dans l’optique de capter des gains substantiels, sous réserve d’une grande sélectivité.